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 | REVUE de PRESSE: La vidéosurveillance fait scandale |
L'événement Asnières
ASNIÈRES . Un fonctionnaire de la police municipale a rédigé un rapport après que le chef de cabinet du maire a pénétré dans le carré de la vidéosurveillance .
HIER, une dizaine de nouvelles caméras venues enrichir le dispositif de vidéosurveillance municipale de la ville d'Asnières sont entrées en fonction. Hasard du calendrier, c'est également hier qu'a été révélée une affaire relançant la polémique sur l'utilisation de cet arsenal destiné à l'origine à lutter contre la délinquance. Une affaire qui remet en question le secret censé protéger ces images.
Un article de Christine Henry daté du mercredi 7 avril 2004 dans Le Parisien
Le 25 février dernier, vers 21 h 30, Francis Pourbagher, le directeur de cabinet de Manuel Aeschlimann, député-maire UMP d'Asnières, pénètre en compagnie d'un médiateur de la ville dans le poste de la police municipale installé rue Henri-Poincaré. Il se dirige vers la salle de vidéosurveillance où sont installés une dizaine d'écrans de contrôle. Un chef de poste surprend le directeur de cabinet en train de « donner des directives sur le visionnage de la place des Bourguignons à l'agent affecté à la surveillance ». « Il voulait prendre en flagrant délit des militants en train de placarder des tracts ou de photocopies d'articles de presse défavorables au maire, accuse un conseiller municipal de l'opposition municipale. Voilà à quoi sert la vidéosurveillance à Asnières. C'est une police politique. La technologie moderne est mise au service d'un pouvoir personnel. » « Faux, rétorque l'intéressé. Ce soir-là, je rendais une visite de routine au poste de police municipal. Je voulais m'assurer que le dispositif était opérationnel et que les fonctionnaires étaient à leur poste. Je pénètre très régulièrement dans le carré de la vidéosurveillance. Ce lieu suscite la curiosité. J'ai simplement demandé à l'agent en poste de prêter une attention particulière aux abords de la place des Bourguignons car des tracts avaient été collés sur du mobilier urbain. »
Cette affaire peut très bien ne pas en rester là
Offusqué par la présence du directeur de cabinet et de son acolyte, l'agent de police lui a rappelé qu'il n'avait pas le droit de pénétrer dans ce lieu, surtout en présence d'une personne étrangère au service ni de procéder à un visionnage des images. « C'est moi le patron ici », aurait rétorqué Francis Pourbagher, d'après le rapport rédigé par le chef de poste. « Je n'ai pas tenu ces propos, réfute le directeur de cabinet, mais il est vrai que le maire m'a confié la mission de veiller à la sécurité et à la prévention. Dans ce cadre-là, j'ai accès au poste de police. Il y a eu un malentendu avec ce policier. Il a sans doute voulu faire du zèle. Mais je ne vais pas le lui reprocher. S'il reste des zones d'ombre, il faudra les éclaircir. »
Toutefois, le rapport du policier zélé n'est jamais parvenu au commissaire, contrairement à ce que prévoit la procédure. Le document est resté bloqué en mairie.
Mais cette affaire peut très bien ne pas en rester là. Le procureur risque de demander l'ouverture d'une enquête policière pour faire toute la lumière sur cette affaire particulièrement sensible. De leur côté, Bruno Casari, élu d'opposition à la majorité municipale, et Sébastien Pietrasanta, conseiller régional PS, demandent la démission du directeur de cabinet et du médiateur de la ville.
Christine Henry
Le Parisien , mercredi 07 avril 2004
www.leparisien.fr
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