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 | JUSTICE:
Huit proches du maire condamnés dans l'affaire du Corbeau |
Un article signé Marisa Faion Le Parisien du 11 juillet 2005
Asnières
LE JUGEMENT est tombé comme un couperet et risque de faire encore des vagues au sein de la municipalité qui traverse actuellement quelques difficultés. Huit proches du maire viennent d'être finalement condamnés par la cour d'appel de Versailles pour diffamation dans l'affaire dite du « Corbeau », une histoire de tract diffusé pendant la campagne précédant les élections municipales de 2001, et qui mettait en cause la probité de Josiane Fischer, alors conseillère régionale d'Ile-de-France. Parmi les huit condamnés se trouvent trois militants, l'imprimeur Daniel Plichon, mais aussi et surtout trois élus de la majorité actuelle, Olivier Chazoule, conseiller municipal et ex-maire adjoint ; Marie-Claude Leclerc, toujours maire adjoint déléguée au logement ; Cyrille Dechenoix, conseiller général et maire adjoint délégué à la culture et enfin, Francis Pourbagher, directeur de cabinet.
En dehors de ce dernier, tous reconnaissent avoir été impliqués de près ou de loin dans la distribution de ce brûlot intitulé « Jugez vous-même », et où Josiane Fischer est accusée non seulement d'incompétence : « Elle a été incapable de mener une politique de logement satisfaisante. » Mais plus encore de corruption : « Elle a touché de l'argent de promoteur immobilier. »
Un jugement inattendu
Le député-maire UMP, Manuel Aeschlimann, mis en examen en même temps que les autres prévenus, en tant qu'auteur présumé du tract, reconnu comme tel par Cyrille Dechenoix qui s'est finalement rétracté à la dernière minute, n'a pas été inquiété. Le juge de la cour d'appel a en effet estimé que les charges relevées contre lui n'étaient pas suffisantes et l'élu n'a donc pas été condamné. L'imprimeur du tract en revanche devra verser 750 € à la plaignante et les sept autres prévenus proches du maire, 500 € chacun. L'ensemble des prévenus devra par ailleurs s'acquitter de 250 € au titre de l'article 475.1 du code de procédure pénale. Cet arrêt de la cour d'appel est aussi surprenant qu'inattendu pour la partie civile. En effet, cette affaire, qui avait été jugée en première instance par la 14 e chambre du tribunal correctionnel de Nanterre, avait débouché sur l'extinction de l'action publique engagée contre les prévenus, du fait de l'acquisition de l'amnistie. Mais la loi d'amnistie d'août 2002 invoquée par M e Olivier Schnerb, le conseil des prévenus, pour évacuer le contentieux et faire achopper la procédure, n'a visiblement pas empêché cette fois la cour d'appel de statuer sur la question, et au final de condamner les prévenus.
Marisa Faion
Lire aussi notre article du 30 juin 2005 : AFFAIRE DES CORBEAUX DERNIERS DEVELOPPEMENTS
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