 | Vie politique: Pourquoi tant d'acharnement contre une Fondation parisienne? |
Cela fait plus de 2 ans que, régulièrement, la vie publique de notre commune voit apparaître, dans des tracts et/ou communiqués de la mairie ou de la majorité municipale, diffusés par milliers, le nom de la Fondation Ostad Elahi, sise à Paris 16ème.
Les citoyens asniérois ne comprennent pas bien pour le moment les raisons profondes des dénonciations récurrentes de cette Fondation par la mairie d'Asnières, voire par le député Manuel Aeschlimann auprès de ses collègues et auprès de la fameuse MIVILUDES.
Ils s'interrogent et cherchent à comprendre pourquoi un élu asniérois met tant d'acharnement à poursuivre de sa vindicte, surtout avec les fonds publics, une Fondation parisienne, de plus reconnue d'utilité publique et dont Bernadette Chirac est Présidente d'honneur. Il convient donc d'essayer de retracer un historique des faits afin de tenter d'éclairer l'opinion publique asniéroise à partir de faits objectifs.
Quelques repères chronologiques sur les accusations de secte chiite ou soufie à Asnières
Concernant le démarrage des accusations contre une "secte chiite" installée à Asnières... le premier document public, à notre connaissance, sur le sujet est un tract anonyme datant de 1992 qui se résume à cette accusation diffamatoire contre notre actuel député-maire: "Manuel Aeschlimann: vert dehors, chiite dedans". Ce tract anonyme n'a jamais été revendiqué par personne, mais il faisait référence en partie à l'activité politique de notre député-maire UMP actuel au sein du parti écologiste "Vert" de Brice Lalonde. A cette époque, les écologistes avaient le vent en poupe dans l'opinion publique et il semblerait que Manuel Aeschlimann ait considéré que ce parti était porteur d'un possible avenir public pour lui, d'où le "vert dehors".
Pour le reste, d'après
l'article de Libération
qui cite l'avocat de la
Fondation Ostad Elahi, le bâtonnier René Farthouat (avocat déjà réputé dans les années 1990), il semblerait que des amis de Monsieur Bahram Elahi, à titre privé, comme citoyens asniérois, aient appuyé Manuel Aeschlimann, à travers notamment l'association ADEQUAT, contre les projets urbanistiques de la mairie de l'époque, dirigée alors par MM. Bokanowski et Cornic.
D'après la documentation publique connue de l'époque dont nous disposons (articles de presse, tracts, mémoires universitaires, etc...), Manuel Aeschlimann aurait pu entretenir des liens avec des personnes qui sont actuellement membres de la Fondation Ostad Elahi pendant les années de son ascension vers la mairie. Il est amusant de constater qu'à cette époque, Manuel Aeschlimann n'a visiblement pas détecté de quelconques prétendues dérives "ésotériques et cultuelles" dans leur activités.
Les tracts anonymes contre lesquels Manuel Aeschlimann avait annoncé avoir déposé plainte
(voir sa réponse par tract) pourraient trouver leur explication dans un amalgame diffamatoire entre ses possibles amitiés d'alors avec des amis de Monsieur Elahi et de supposées opinions religieuses. Ces tracts anonymes visaient une association appelée LOGOS, supposée chiite iranienne, dont Manuel Aeschlimann était alors accusé de faire partie.
Comme le rappelle
l'article de Libération, dès après son élection au poste de maire, Manuel Aeschlimann reprend avec vigueur les projets urbanistiques qu'il dénonçait, ce qui a pu apparaître aux anciens membres d'ADEQUAT comme un reniement de ses engagements antérieurs envers eux et une trahison de ses combats précédents contre les ZAC de la municipalité de MM. Bokanowski et Cornic.
Il faudra attendre novembre 2003 et l'activité, critique envers la mairie, par voie de tracts répétés, des riverains de la ZAC Métro pour que les accusations de secte chiite, plus exactement soufie, renaissent subitement, à l'initiative, cette fois, de celui qui était accusé des mêmes faits en 1992: Manuel Aeschlimann. Cette fois, les tracts ne sont pas anonymes, ils visent explicitement l'association des habitants riverains de cette ZAC et un maire-adjoint, Olivier Chazoule. 40 000 exemplaires d'un communiqué signé par la majorité municipale sont publiés et envoyés aux habitants, aux frais des contribuables asniérois. Son contenu, qui liait de manière assez incompréhensible pour le commun des lecteurs, l'association et l'élu attaqués par la mairie à la Fondation parisienne Ostad Elahi, a été jugé en première instance diffamatoire par la Justice à l'égard des citoyens visés. L'affaire est en Cour d'Appel, le Jugement devrait intervenir en janvier 2006.
Alors que les Asniérois viennent d'apprendre (nous sommes en fin 2003) l'installation des Témoins de
Jéhovah à Asnières (voir notre article de cette époque)
, lesquels sont considérés comme une secte réelle tant par la MIVILUDES que par l'UNADFI, sort donc ce communiqué largement diffusé dans la population par voie postale, à partir des fichiers électoraux, le tout sur un beau papier coûteux. Dans ce document officiel de la majorité municipale, la Fondation Elahi, est présentée comme un "groupe spiritualiste, cultuel et ésotérique". Remarquons que le spiritualisme, l'ésotérisme et le culte religieux ne sont en France des délits sanctionnés par aucune loi. Notons au passage que ces dénonciations publiques sont pratiquées avec l'argent issu des impôts des Asniérois, les tracts en question étant imprimés par la Ville comme il est indiqué en petits caractères sur ces documents.
Le 17 décembre 2003, Olivier Chazoule est expulsé à la fois de sa fonction de maire-adjoint et de la majorité municipale au motif officiel d'être un relais de ladite Fondation. La réalité est plus prosaïque: l'élu contestait les orientations du maire sur plusieurs dossiers.
Le 29 septembre 2005, d'autres élus de la même majorité seront expulsés pour d'autres motifs. Curieusement, pour eux aussi, la mairie diffuse un document envoyé par voie postale qui, habilement, fait à la fois un point très subjectif sur ce dossier. On y trouve notamment une référence à
cet article suspect du "Monde" qui s'appuie sur une "note des RG" que tout le monde recherche maintenant
(voir l'article de Alain Hertoghe)
. Sur le même document, on lit aussi une dénonciation publique de ces anciens élus qui, selon le premier adjoint, Charles CAILLET (Manuel Aeschlimann n'est sans doute pas au courant de ce courrier massivement diffusé), envoient aux Asnièrois des tracts "virulents et mensongers".
On pourrait facilement retenir, en lisant rapidement cette prose de Charles Caillet, que ces récents exclus de la majorité municipale sont aussi reliés à cette fameuse Fondation parisienne. Il s'agit de Corinne Previtali, Laurent Martin Saint Léon, Jean-Jacques Semoun, auxquels a été rajouté pour créer un lien inexistant, mais obligatoire pour l'argumentation poursuivie, Olivier Chazoule.
Décidément, il est évident que la mairie a une dent contre cette Fondation, mais une dent qui, curieusement, lui fait mal à chaque fois que la majorité municipale perd des élus!
Mais pourquoi tant d'acharnement contre une Fondation reconnue d'utilité publique?
La Fondation Ostad Elahi a vécu des années en toute tranquillité d'autant qu'elle ne s'occupe que des problèmes d'éthique. On remarquera que Madame Bernadette Chirac est Présidente d'honneur de cette institution qui organise colloques et manifestations autour des thèmes qu'elle promeut.
Jusqu'ici, à part la mairie d'Asnières par temps de crise politique interne ou externe, personne n'avait accusé cette Fondation dans le Conseil d'administration de laquelle siègent deux représentants de l'Etat d'être autre chose qu'une Fondation, donc une personne juridique morale reconnue pour son activité utile par la République.
Toujours jusqu'à ce jour, sauf erreur ou omission de notre part, le seul élu, la seule personnalité, le seul citoyen en France qui poursuit cette Fondation parisienne avec un acharnement tel qu'il ne peut qu'interroger et intriguer tous les observateurs de la vie publique et politique, est notre député-maire, voire à l'occasion, son premier-adjoint, la mairie et/ou la majorité municipale.
Des questions jaillissent naturellement de l'étude des faits bruts:
- Faudrait-il voir dans cet acharnement si particulier une tentative politique, au compte d'un futur candidat à l'Elysée, de déstabilisation du couple présidentiel, à travers le poste honorifique que Madame Bernadette Chirac occupe dans cette institution reconnue par l'Etat?
- Serait-ce une manière de faire diversion, en cas de crise au sein de la majorité municipale ou de conflit avec des associations et/ou groupes de citoyens, mécontents de la politique municipale?
- Pourquoi les attaques contre cette Fondation renaissent-elles à chaque éviction d'un élu ou groupe d'élus qui déplaît ou aurait été critique vis à vis du maire?
- Pour quels motifs de fond notre député-maire dépense t-il tant d'argent public (notre argent !) pour accuser une Fondation reconnue par l'Etat sans agir de même à l'égard des regroupements connus à Asnières et dénoncés comme "sectes" par la MIVILUDES et l'UNADFI?
- D'où vient donc ce traitement si spécifique contre cette Fondation étrangère à Asnières, traitement dont notre député-maire a été victime, mais de manière lâche et anonyme en 1992, alors qu'il briguait, avec l'aide des adhérents d'ADEQUAT, la mairie?
- Enfin, pourquoi Manuel Aeschlimann a t-il voulu associer cette Fondation parisienne à une Mission d'Information LOCALE demandée par les élus d'opposition visant à l'étude des relations de la Ville qu'il représente avec la République Islamique d'Iran, ce qui pourrait avoir maintenant des conséquences en boomerang pour lui?
Ce sont là quelques questions de bon sens citoyen auxquelles
l'article de Libération que nous mettons en ligne, semble commencer à apporter des éléments de réponse.
asnierois.org, le 31 décembre 2005
Nous espérons des réponses :droitdereponse@asnierois.org
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