 | VIE POLITIQUE: ASNIERES Le directeur de cabinet du maire limogé |

REVUE DE PRESSE
Un article signé Frédéric Choulet, paru dans le journal Le Parisien du 19 septembre 2006
DANS n'importe quelle autre
ville, la nouvelle serait passée inaperçue. Mais, à Asnières, le départ du directeur de cabinet du maire fait l'effet d'une
véritable petite bombe. Personnage
très contesté au sein de l'opposition
comme de la majorité municipale,
Francis Pourbagher a appris hier
matin, lors d'un entretien avec son
maire et mentor, Manuel Aeschli-
mann, qu'il était « remercié ».
Véritable homme lige du député-maire
UMP qui l'avait pris à ses côtés dès
1999, Francis Pourbagher, nommé
directeur de cabinet en 2000, était
rapidement devenu un personnage
incontournable du microcosme politique local. Omniprésent, ne ménageant pas ses interventions auprès
des élus comme des directeurs de
services municipaux, l'homme, que
certains n'hésitaient pas à surnommer « le vice-maire », s'était au fil du
temps créé de nombreuses inimitiés.
Trop depuis quelque temps.
« Le commandement est
en panne aujourd'hui
dans la ville »
« Le courant ne passait plus. Les élus
de la majorité se plaignent de relations de plus en plus difficiles. La
plupart des adjoints me disent : « On
ne veut plus travailler avec lui », expliquait Manuel Aeschlimann, hier,
ajoutant : « J'ai considéré longtemps
qu'il était efficace dans ces différentes missions. Mais j'ai passé
beaucoup de temps à recoller les
morceaux. Aujourd'hui, j'ai d'autres
choses à faire. Ça me peine à titre
personnel, mais il ne pouvait pas rester. » C'est un récent incident avec
une élue de la majorité qui semble
avoir accéléré les choses. Mercredi
dernier, lors d'une rencontre de
quartier de la maison de proximité,
Francis Pourbagher a eu une altercation avec Patricia Chavinier, adjointe
au maire et conseillère générale.
Jeudi, une nouvelle dispute entre le
directeur de cabinet et l'élue a eu lieu
dans la rue. « On peut se dire des
choses en tête à tête, mais devant les
Asniérois il y a des limites », souligne
Manuel Aeschlimann. « Je ne suis
pas le maître d'école qui siffle la fin
de la récré. »
De son côté, Francis Pourbagher
affirme avoir rempli « ses » missions.
« Nous avions, avec le maire, des objectifs communs : garder la mairie en
2001, gagner les législatives en
2002 et récupérer le canton nord
d'Asnières en 2004. Ça a été fait.
Mais, depuis quelque temps, les élus
interfèrent sur les décisions du
maire. Le commandement est en
panne aujourd'hui à Asnières », assure le directeur de cabinet, « On a
fait un bon binôme avec le maire,
mais je n'aurais pas continué dans
ces conditions. Je ne peux pas me
laisser soumettre à une poignée
d'élus » conclut-il tout en affirmant
qu'il est depuis trois ans l'objet d'attaques « personnelles et incessantes » sur ses origines (NDLR :
Francis Pourbagher a la double na-
tionalité française et iranienne).
Une chose est sûre : la nouvelle du
départ du bouillant directeur de cabinet, condamné le 25 juin dernier à six mois de prison avec sursis pour
« dénonciation calomnieuse », va ravir ses nombreux détracteurs. Particulièrement dans l'opposition municipale. « Je suis accablé qu'
on ait
attendu autant de temps » réagit
Jean-Jacques Semoun, ex-membre
de la majorité aujourd'hui dans l'opposition. « Il faut que les fonctionnaires restent à leur place. Il mérite
ce qui lui arrive. Mais il a aussi agi
sur ordre. Le maire presse ses collaborateurs comme des citrons, puis
les jette… Ça va finir par exploser.»
Frederic Choulet
Le Parisien Hauts-de-Seine, page II, mardi 19 septembre 2006
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