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 DEMOCRATIE: La BAC (Brigade Anticriminalité) au conseil municipal d’Asnières

Conseil municipal septembre 2006
REACTIONS : 3
Hier soir, jeudi 28 septembre 2006, lors du conseil municipal, Manuel Aeschlimann, maire d’Asnières, a fait intervenir la police nationale. Les très nombreux Asniérois présents ont eu la surprise de voir entrer les hommes de la BAC avec leurs brassards jaunes dans la salle du conseil.

Tout ça pour quoi ? Pour retirer à Bruno Casari, conseiller municipal d’opposition, le porte-voix qu’il utilise lorsque Manuel Aeschlimann refuse de lui donner la parole ou encore coupe son micro.

Durant une demi-heure, de 23 heures 20 à 23 h 50, les débats ont été suspendus de fait, le maire n’ayant pas prononcé de suspension de séance. Une totale pagaille a régné, Manuel Aeschlimann, à son pupitre, ne semblant pas concerné. C’est pourtant à lui que revient la police de l’assemblée.

« Des voitures brûlent à Clichy, nous y serions plus à notre place » lâchera un des policiers, agacé.

Elus et public fixent alors sur la pellicule des images hallucinantes : pêle-mêle élus, police municipale, police nationale en uniforme, policiers de la BAC en civil dans l’enceinte du conseil municipal, alors qu’aucun incident grave n’avait eu lieu !

Après une bonne demi-heure de discussion courtoise entre policiers et élus, l’opposition dans sa totalité, de la droite à la gauche, a quitté dans le calme la salle du conseil en signe de protestation. La quasi-totalité du public quittera la salle en même temps.

A 23h50, l'examen des points à l'ordre du jour reprend, la majorité seule en salle du Conseil s'applaudissant parfois elle-même, dans un très étrange climat de vide.

Alors qu’à peine la moitié de l’ordre du jour avait été traitée, Manuel Aeschlimann liquide les 28 points restants et les questions orales en 10 minutes, terminant par un « bonne nuit », en lieu et place de la formule traditionnelle : « la séance est close » !

Mais avant cela, Manuel Aeschlimann a cru bon de déclarer :
« Je précise que toute utilisation des images qui ont été faites durant cette séance du conseil municipal, cela vaut pour Madame Fischer, cela vaut pour les autres personnes qui ont filmé, l’utilisation sans notre consentement, sans le consentement des parties concernées, c’est délictuel, sachez-le, sachez-le ».

Passons sur le monarchique « notre consentement », et examinons ce que nous apprend sur ce point le règlement intérieur du conseil municipal d’Asnières. En sa page 3, il précise :
« …les séances du conseil municipal peuvent être retransmises en direct ou en différé, par les moyens de communication audiovisuelle.

Toutefois, le maire peut interdire cette retransmission s’il peut justifier que celle-ci entraîne des pratiques de nature à troubler le bon ordre du conseil et à porter atteinte à la sérénité des débats ».


En l’occurrence, les débats étant clos, ils ne peuvent être perturbés.

A quoi sert alors la petite phrase de Manuel Aeschlimann, sinon à tenter d’intimider les citoyens qui ne font qu’exercer leurs droits.

Le conseil municipal est par essence public, ce qui s’y passe est public, aucune loi n’interdit de photographier ou de filmer un conseil municipal. Le réglement intérieur du conseil municipal d'Asnières en autorise même expressément la retransmission. La diffusion d’images prises dans une manifestation publique, dans la mesure où celles-ci n’attentent à la vie privée de quiconque et ne portent préjudice à quiconque ne peut être interdite. Et d’autant moins qu’il s’agit de personnalités publiques dans l’exercice de leur mandat public.

Asnières est encore en République, la première valeur de la République c'est : LIBERTE !


Evidemment ceci ne vaut que pour la France de maintenant.

Asnierois.org, vendredi 29 septembre 2006
Lire aussi l'article du journal Le Parisien LA POLICE INTERVIENT AU CONSEIL MUNICIPAL
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LES REACTIONS
Vraiment pathétique ! ! ! quelle image donnons-nous !
Manuel Aeschlimann, Maire, Député ET Conseiller de Mr Sarkozy, pense qu'Asnières sur Seine lui appartient ; ses sujets lui doivent obéissance que diantre !
Espérons qu'en 2008 le règne de sa Majesté Manuel 1er sera terminé.....
Julie
À propos de votre commentaire concernant la photo et la vidéo : lors du conseil municipal du 26 juin 2006, le maire Manuel Aeschlimann a constaté en souriant que plusieurs personnes du public effectuaient des prises photographiques, sonores ou vidéos, citant même des noms dans l'assistance, et ce, pour démontrer que c'était tout aussi normal que de placer des micros dits d'ambiance pour enregistrer les réactions du public. Le maire ne peut donc pas dire tout et son contraire en fonction du vent qui souffle. Le détournement des caméras de vidéo-surveillance en période de campagne électorale ou non est autrement plus grave. Et pourtant, dans ce dernier cas, il n'a pas porté plainte contre son subordonné. La lecture à sens unique et surtout, la mauvaise lecture des textes, est un phénomène pernicieux.
Houcine

Note de la rédaction

Le maire n'a pas à placer des micros pointés vers le public ou les élus. Il n'a pas à enregistrer les échanges entre élus, hors intervention publique. Il n'a pas non plus à enregistrer les échanges entre les personnes du public. Ces échanges sont du domaine privé. A contrario, le déroulement du conseil municipal est du domaine public. Le maire n'a pas à s'opposer à son enregistrement pas plus qu'à sa diffusion.
AGENCE FRANCE PRESSE

Asnières: un opposant utilise un porte-voix au conseil municipal, la police intervient

[ vendredi 29 septembre 2006, 19h06 - AFP ]

Le député-maire UMP d'Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine), Manuel Aeschlimann, a fait intervenir jeudi soir la police nationale pendant le conseil municipal parce qu'un élu d'opposition utilisait un porte-voix en pleine séance, a-t-on appris vendredi de sources municipales.

"Nous n'avons pas eu à utiliser la force", a précisé une source policière.

Joint par l'AFP, M. Aeschlimann a expliqué qu'après des attaques personnelles contre lui et une adjointe de la part d'un ex-adjoint aujourd'hui dans l'opposition, Jean-Jacques Semoun (DVD), l'ambiance s'était "un peu échauffée".

A ce moment-là, l'ex-adjoint et deux autres conseillers d'opposition de droite "ont sorti un porte-voix, comme au précédent conseil municipal", a raconté le maire.

"J'avais prévenu le préfet à l'avance (...) qui m'a conseillé de faire une réquisition de police", a-t-il ajouté.

A l'arrivée de la police, les porteurs de mégaphone ont quitté la salle, rapidement suivis par le reste de l'opposition.

Sébastien Pietrasanta, élu PS et conseiller régional, affirme pour sa part que "le maire n'a cessé de provoquer des élus" et de "couper la parole et les micros de l'opposition".

"Je suis intervenu sur un projet de rénovation urbaine concernant 25.000 habitants. M. Aeschlimann a repris mes propos en les caricaturant. J'ai répondu, il a voulu en faire un incident. C'est là qu'est apparu le mégaphone. C'est évidemment déplacé, mais il faut se demander: pour quelle raison est-on obligé d'en arriver là?", a-t-il déclaré.

Bilan de la soirée: "c'est pitoyable", selon M. Aeschlimann, c'est une "escalade dans l'ignominie" pour M. Pietrasanta.

© 2006 AFP

Note de la rédaction

Nous y voilà : de l'aveu du maire lui-même, l'incursion de la police avait été préparée. Ceci explique qu'un incident mineur ait été suivi de cette réaction disproportionnée. Et comme d'habitude, c'est toujours de la faute d'un autre, cette fois c'est le préfet qui porte le chapeau !



 
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