 | VIE POLITIQUE: La fondation Elahi n'est pas considérée comme une secte |

REVUE DE PRESSE
Un article signé Marisa Faion,
Le Parisien Hauts-de-Seine, mercredi 4 octobre 2006
Asnières
IL ÉTAIT ATTENDU avec une impatience non dissimulée. Le rapport de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) vient enfin d'être rendu public, hier, après plusieurs mois d'enquête. Dans son dossier de quatre cents pages, la Miviludes décrypte notamment le fonctionnement intime de la fondation Ostad Elahi dont le siège se trouve à Paris dans le XVI e arrondissement, et y souligne qu'« en dépit de l'existence de nombreux éléments constitutifs de dérives sectaires, on ne peut pour autant déclarer que l'on est confronté à une organisation sectaire, faute de signalements de victimes clairement identifiées, de dommages aux familles ou de prosélytisme caractérisé. »
Des conclusions qui semblent satisfaire les membres de la fondation : « Ça fait un an que la Miviludes nous observe et nous sommes plutôt contents de savoir que nous ne sommes pas une organisation sectaire », résume Marc Piévic, porte-parole de la fondation. L'affaire se révèle pourtant complexe. Créée en 2000, la fondation porte le nom du philosophe iranien Ostad Elahi (1895-1974) et veut promouvoir l'« éthique et la solidarité humaine ». Elle se retrouve associée à une polémique locale qui démarre en 2003 avec l'action d'une association d'usagers d'Asnières qui s'oppose au programme immobilier de la ZAC Métro lancé par le député-maire UMP, Manuel Aeschlimann.
Par voie de tracts et de courriers, la fondation est bientôt accusée par la majorité municipale de vouloir infiltrer la mairie et un adjoint au maire est accusé de faire partie d'une secte. La fondation Ostad Elahi contre-attaque en justice pour diffamation. Le tribunal d'instance de Nanterre lui donne raison en première instance. Le 26 octobre, ce sera au tour de la cour d'appel de statuer. Elle s'appuiera notamment sur les conclusions de la Miviludes qui a adressé son rapport au président de la cour d'appel de Versailles et « attend les décisions de justice ».
Reste que dans ses fondements, le rapport de la Miviludes est rempli d'ambiguïtés. D'un côté, elle reconnaît que la fondation n'est pas une organisation sectaire, mais elle souligne « un communautarisme exacerbé, dont les dérapages ressemblent à des pratiques sectaires au sein d'une nébuleuse rassemblant autour de la fondation des associations et entreprises, notamment dans les hautes technologies, l'intelligence artificielle et la communication ».
« Un communautarisme exacerbé »
La fondation, elle, rappelle qu'elle est « une fondation de droit français reconnue d'utilité publique » et non pas une « association communautaire étrangère » soulignant au passage que dans son conseil d'administration figurent des représentants du Conseil de l'Europe, du ministère de l'Intérieur... « Les termes de ce rapport rejoignent les supputations qui existent déjà dans le tract de la mairie jugé diffamatoire, commente Marc Piévic. Et cela sans qu'aucun fait nouveau ne soit joint. Après un an d'enquête, c'est décevant. »
Marisa Faion
Le Parisien Hauts-de-Seine, mercredi 04 octobre 2006, page II, rubrique 24 heures
Lire aussi la dépêche AFP du 3 octobre 2006 :
FONDATION ELAHI : PAS UNE SECTE MAIS UNE NEBULEUSE
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