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 | DEMOCRATIE: «Happy End» pour la fable de la «nébuleuse sectaire» d'Asnières |
Dans la plus grande discrétion, une des affaires les plus emblématiques des années Aeschlimann vient de connaître ces derniers jours un double épilogue. Aucun des média nationaux, aucun blog citoyen local n’a relevé un entrefilet paru dans les pages du journal « Le Parisien » du 17 Avril dernier. On aurait presque oublié d’en parler…
Tout le monde se rappelle des tracts vengeurs publiés, voici quelques années, par la mairie d’Asnières pour accuser tel ou tel Asnièrois d’être proche d’une secte nébuleuse. A cette époque, les suspicions les plus folles étaient entretenues. Les Asniérois les mieux informés gardent en mémoire la distribution aux journalistes de vraies-fausses notes des RG pour donner corps à ces rumeurs, ainsi que l’avalanche de procédures judiciaires engagées contre la mairie d’Asnières…
Pour tous ceux qui prétendaient pourfendre les adeptes d’une nébuleuse sectaire, cette affaire se termine piteusement.
Devant de telles allégations portées à leur encontre, l’association Az Métro et la fondation Ostad Elahi avaient chacune déposé plainte pour diffamation contre Francis Delage, maire adjoint délégué à la communication. Ces 2 plaintes se terminent simultanément par une véritable "Bérézina" judiciaire.
1/ Concernant la plainte déposée par l’association Az Métro, l'absence de tout recours contre l’arrêt de la Cour de Cassation, confirme, à titre posthume, la condamnation définitive de Francis Delage.
2/ Concernant la plainte déposée par la Fondation Ostad Elahi, la publication judiciaire publiée dans "le Parisien" du 17 Avril, met un point final à 6 années de procédures. La veuve de Francis Delage aura préféré suspendre toute action plutot que s'engager, en pure perte, dans une nouvelle procédure judiciaire perdue d'avance.
Que faut-il retenir de cette affaire ?
Premier constat : En cas de diffamation, le temps de la justice n’est pas compatible avec celui des médias. Les dégâts médiatiques engendrés par des allégations malveillantes sont immédiats, la réaction judiciaire est beaucoup trop lente pour être efficace. Toutes les victimes de cette affaire auront dû patienter plus de 6 années avant que leur honneur et leur respectabilité ne soient enfin rétablis. Pendant toute cette période, ces personnes auront vécu une vie entre parenthèses, occupés à se défendre contre la répétition d’accusations purement calomnieuses.
Second constat : la vie politique s’apparente parfois à une zone de non-droit. Dans cette affaire, on aura assisté, dans une parfaite légalité, à l’utilisation de fonds publics pour organiser la défense d’élus condamnés. On aura également découvert l’instrumentalisation d’organisations policières et de structures administratives aux seules fins d’étayer des attaques politiciennes. On aura assisté à l’organisation de véritables campagnes médiatiques municipales pour affaiblir des administrés qui dérangent.
On aura vu dans cette affaire certains élus se comporter comme de véritables procureurs, sans qu’à aucun moment, ils ne leurs soit rappelé qu’ils outrepassaient leurs droits. Dans cette affaire, la Justice aura fait preuve d’une myopie coupable, évitant soigneusement de rechercher les véritables responsables de ce déferlement médiatique.
Comment un tel acharnement a-t-il pu être possible ? Pourquoi l’administration judiciaire, policière ou préfectorale, n’a-t-elle jamais condamné ces graves dérives démocratiques ? Pourquoi n’est-on pas plus vigilant et plus sévère quand ces attaques sont relayées par des élus de la République ?
Troisième constat : La Justice est beaucoup trop coûteuse pour mériter le nom de "justice". Car, même rétablie définitivement dans ses droits, une victime n’est jamais totalement dédommagée des sommes et du temps qu’elle aura dû engager pour se défendre. Facteurs aggravants, les moyens humains et financiers d’une ville sont disproportionnés lorsqu’ils sont utilisés contre de simples citoyens. Dans cette affaire certains y auront perdu leur entreprise, d’autres auront préféré quitter la ville pour retrouver un peu de sérénité, tous y auront englouti une part substantielle de leurs revenus (entre 5 et 20 000 euros selon les victimes).
En conclusion, on soulèvera dans cette affaire le rôle extrêmement trouble joué par la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes). Cette organisation interministérielle aura été incapable d’apporter, dans cette affaire, une réponse simple et claire à une situation pourtant limpide. La fondation Ostad Elahi n’a absolument rien d’une secte, et ses relations avec les Asniérois n’ont jamais rien eu de délictueux. Les travaux de cette même Miviludes auront été utilisés pour alimenter une fausse polémique, fournissant à un moment charnière, une note anonyme ambiguë qui aura permis de prolonger artificiellement cette affaire.
On opposera également l’utilisation de vraies-fausses notes des RG qui reprenaient mot pour mot les allégations de la mairie, sans apporter la moindre preuve supplémentaire. On se rapellera la plainte déposée contre un adhérent de l’association Az Métro, accusé de tentative d’assassinat (!!!). Cette accusation se retournera très vite contre son initiateur, Francis Pourbagher, directeur de cabinet du maire à l'époque des faits, qui sera condamné à 6 mois de prison avec sursis pour dénonciation calomnieuse. On ne tentera même pas de recenser les nombreux communiqués officiels ou tracts anonymes diffusés pour salir les proches, ou supposés proches, de la fondation Ostad Elahi. Ceux qui les ont écrits se reconnaîtront aisément.
Dernier à rendre les armes dans cette affaire, Manuel Aeschlimann, reprendra publiquement ces rumeurs lors des premiers conseils municipaux de la nouvelle municipalité en Juin 2008 et Septembre 2008. Espérons que cet article sera le point final de cette saga ubuesque. Espérons que désormais , sur ce sujet, notre ancien maire prendra le parti de se taire.
En effet, il n’est pas certain que toutes les conclusions aient été tirées de cette fable. Comment a pu naître et prospérer une telle affaire ? Comment ont pu se nouer certaines collaborations policières, administratives ou médiatiques pour supporter des accusations que rien ne justifiait ? Existerait-il des complicités ou des carences au sein de notre système administratif ? Qui tirera les leçons de cette aventure ? Comment être certain que de telles dérives ne peuvent plus se reproduire ?
Il existe à l’évidence bien d’autres responsables à ce désastre médiatico-judiciaire. Qui les identifiera ? Qui leur demandera de rendre des comptes ?
Rédaction asnierois.org le 25 Avril 2009
Quelques lectures complémentaires :
Article asnierois.org du 24 février 2009 : Le député UMP d'Asnières, Manuel Aeschlimann, voit des sectes partout...
Article asnierois.org du 14 Novembre 2007 : La mairie d’Asnières au four et au moulin
Article bakchich.info du 26 novembre 2007 : Quand les RG démentent Sarkozy
Article Marianne du 1er Juillet 2006 : Festival UMP à Asnières
Article de l’EXPRESS du 28 Septembre 2006 : L’EXPRESS dissèque le système Aeschlimann
Article de Libération du 5 Octobre 2006 : Le maire d'Asnières voyait des sectes partout
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