 | JUSTICE: Asnières Le directeur de cabinet du maire condamné |
 REVUE DE PRESSE
Un article signé de Valérie Mahaut, paru dans Le Parisien du vendredi 23 juin 2006
DÉCOMPOSÉ. Après l'énoncé de sa peine, Francis Pourbagher a accusé le coup. Le directeur de cabinet de la mairie d'Asnières ne digère pas sa condamnation à six mois de prison avec sursis pour dénonciation calomnieuse.
Hier après-midi, la 15 e chambre du tribunal correctionnel de Nanterre l'a reconnu « coupable » de cette dénonciation calomnieuse à l'égard d'un opposant municipal qu'il accuse de l'avoir agressé.
« Les lois de la République sont faites pour être respectées par tous »
En plus de la peine de prison, Francis Pourbagher a l'obligation de faire publier le jugement, à ses frais, dans le journal municipal d'Asnières et dans « le Parisien », édition des Hauts-de-Seine. Il devra également verser à Shebli Anvar, l'homme qu'il accusait, la somme de 5 000 € de dommages et intérêts et 4 000 € pour ses frais de justice.
Lors de son procès, le 26 mai dernier, le directeur de cabinet de Manuel Aeschlimann a maintenu ses accusations. Ce soir d'octobre 2003, il s'était arrêté devant un panneau d'affichage électoral. Une voiture lui aurait alors « foncé dessus », tentant de l'écraser. Comme à son habitude, selon ses dires, il avait alors relevé le numéro d'immatriculation de la voiture. Une voiture appartenant à Shebli Anvar, opposant municipal, placé en garde à vue après la plainte de Francis Pourbagher. Mais cette plainte a été classée sans suite.
Juste après l'énoncé de la peine, hier, le président de la 15 e chambre, Alain Prache, a tenu à commenter le jugement rendu. Un commentaire cinglant qui a visiblement déstabilisé Francis Pourbagher. « Votre cursus et votre fonction excluent toute méprise quant à vos droits et devoirs », a tonné le magistrat, s'indignant que « l'autorité judiciaire et la force publique » aient été « instrumentalisées ». Insistant sur cette « sanction pénale indispensable », Alain Prache n'a pas manqué de rappeler que « les lois de la République sont faites pour être respectées par tous. Que l'on s'en souvienne. »
« Peiné d'être passé du statut de victime au statut de malfrat »
Sans aucun doute, Francis Pourbagher se souviendra de ce moment. Le visage défait dans la salle des pas perdus, le directeur de cabinet du maire d'Asnières s'est dit « peiné » face à cette « punition qu'on m'inflige ». « Peiné » aussi, dit-il, d'être « passé du statut de victime au statut de malfrat ». Il maintient donc sa version « in extenso ».
Mieux, dès hier, il promettait d'apporter « des éléments complémentaires en sa possession » à la cour d'appel. Car, dès aujourd'hui, le directeur de cabinet fera appel du jugement. Shebli Anvar, lui, est simplement satisfait de ce jugement « juste ». Comme le président du tribunal, il s'indigne de cette « instrumentalisation scandaleuse de la justice ».
Choqué par sa condamnation pour dénonciation calomnieuse , le directeur de cabinet de la mairie d'Asnières , Francis Pourbagher (ci-dessus dans un reportage de la télévision iranienne l'an dernier), compte faire appel du jugement. (DR.)
V.M.
Le Parisien , vendredi 23 juin 2006
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