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 | Vie politique: ASNIERES : COMMUNAUTARISME, CLIENTELISME, LOBBYING ET VOTE MUSULMAN |
On parle encore d’Asnières...
Dans leur livre « BLACK BLANC BEUR…La guerre civile aura-t-elle vraiment lieu ? » (chez Albin Michel), Stéphanie Marteau et Pascale Tournier (1) décrivent la politique mise en place par Manuel Aeschlimann à Asnières. Les pages qui lui sont consacrées commencent ainsi :
« Autour du ministre de l’intérieur, des élus locaux…ont entrepris d’administrer leurs villes selon une nouvelle logique clientéliste.
Celle-ci est le fruit d’une alchimie fragile entre d’un côté une politique sécuritaire destinée aux électeurs de droite, voire d’extrême-droite, et, de l’autre, des mesures visant à satisfaire des intérêts communautaires, afin de séduire un nouvel électorat : les Français de culture musulmane.
Selon ses promoteurs – Sarkozy en tête -, la mise en pratique d’une telle politique offre à la droite un sérieux avantage, celui d’attirer deux électorats à priori inconciliables.
Il y a quelques années, une horde de jeunes loups sont donc passés de la théorie à la pratique. L’un d’eux est même allé si loin que sa ville, une paisible bourgade des Hauts-de-Seine est devenue un véritable laboratoire sur ce plan, donnant une idée de ce que pourrait être la politique si son mentor devenait président.
Il s’agit de Manuel Aeschlimann…»
Suit la description des différentes spécialités de Manuel Aeschlimann entre mesures sécuritaires et conseil des communautés.
Et là, les deux auteurs nous apprennent pas mal de choses intéressantes.
Concernant le conseil des communautés : il est constitué de 120 représentants de cinquante nationalités, à 60% musulmans, issus de l’immigration et recrutés par cooptation. Ils doivent coller aux règles d’ « exemplarité professionnelle ou familiale exigées par la mairie » (?). Selon les auteurs, « Aeschlimann impose sans complexe un rapport clientéliste aux représentants des minorités, notamment originaires du Maghreb… »
Nous apprenons qu’en 2004, c’est Manuel Aeschlimann qui a « propulsé un membre éminent du conseil, Mabrouk Belayadi, à la tête de l’Entente, une association culturelle et cultuelle (2) ».
La première pierre de la nouvelle mosquée est posée en présence de Nicolas Sarkozy. Les auteurs mettent dans la bouche des responsables de la mosquée les paroles suivantes : « on a mis une sacrée pression à Aeschlimann pour avoir un minaret de douze mètres ! Pour fêter ça on a égorgé soixante-dix moutons et on a invité le préfet, tout le conseil municipal… »
LEQUEL MANIPULE L’AUTRE ?
« Ce 11 octobre 2004, l’opération de séduction des musulmans d’Asnières venait d’être lancée. »
Oui mais, quel est réellement le rôle de Mabrouk Belayadi ?
Toujours tiré à quatre épingles, très courtois, maîtrisant parfaitement le français, Mabrouk Belayadi est arrivé d’Algérie en 1992.
Il est le président de l’association « L’Entente ». Cette toute jeune association culturelle, domiciliée dans les locaux de la mosquée Al Hidaya Al Islamya, est depuis 2006 fortement subventionnée par la ville d’Asnières, directement (24 000 euros en mars 2006), mais aussi par l’intermédiaire du contrat de ville (21 000 euros en juin 2006), ce qui lui permet d'être éligible à d'autres subventions d'autres collectivités. Ces subventions ont suscité de nombreuses interrogations (3) et critiques de la part des élus d’opposition du conseil municipal, tous groupes confondus, du groupe PS au groupe MNR en passant par les groupes dissidents de droite.
A ces questions, lors des conseils municipaux de juin et septembre 2006, Manuel Aeschlimann riposte en s’offusquant de ce que soit la cible de critiques une association qui « fait de l’aide aux devoirs ». Selon Manuel Aeschlimann, s'étonner de l'importance de ces subventions serait faire montre de racisme antimusulman.
Oui, mais Stéphanie Marteau et Pascale Tournier ont recueilli les confidences de Mabrouk Belayadi. Et voici ce qu’il dit : « Mon rôle c’est d’aller chercher par l’oreille les musulmans et de les forcer à s’inscrire. Pour ça, j’active mes réseaux. Avec mes amis, nous pouvons aider les gens qui cherchent du travail. Après, on leur dit de s’inscrire sur les listes électorales pour constituer un lobby. Quand je pèserai plus que le FN, je tiendrai Aeschlimann ».
Le livre des deux journalistes nous montre encore les relations entre Mabrouk Belayadi et l’imam de la mosquée d’Asnières, lequel ne parle pas un mot de français. « Je lui explique que le maire fait beaucoup pour les musulmans. A la mosquée, on fait des prêches où on explique comment fonctionne le lobbying . »
Résumons : la ville d’Asnières subventionne une association « culturelle », son président, Mabrouk Belayadi, affiche ouvertement une activité de lobbying dont le futur est de peser assez et de tenir Aeschlimann. Le bureau de Mabrouk Belayadi (4) est tout proche de la salle de prière de la mosquée d'Asnières. Belayadi est très proche de l’imam, lequel ne parle pas français. Dans cette mosquée, des prêches expliquent comment fonctionne le lobbying.
On se souvient que Manuel Aeschlimann avait supprimé les subventions à des associations qui oeuvraient dans le secteur social dans le quartier nord d'Asnières au motif qu’ « elles faisaient de la politique ».
Troublant…
asnierois.org, mercredi 13 décembre 2006
(1) BLACK BLANC BEUR…La guerre civile aura-t-elle vraiment lieu ?
Editeur: Albin Michel
Stéphanie Marteau collabore au Point et au Figaro Dimanche
Pascale Tournier est grand reporter à VSD
Nos citations vont de la page 43 à 47.
Le livre fort bien documenté est une mine d'informations pour qui s'intéresse au traitement politique des questions intégration, discrimination et égalité républicaine
(2) NDLR du site www.asnierois.org
Les auteurs font erreur, selon ses statuts, l'Entente ou ACEA (pour Association Entente Culturelle d'Asnières) est une association culturelle. A la décharge des auteurs du livre, elle est cependant dénommée couramment : association culturelle de la mosquée d'Asnières. Précédemment, une modification des statuts de l'association qui gère la mosquée d'Asnières Al Hidaya Al Islamya avait ajouté à son objet cultuel un objet culturel, la transformant en une association culturelle et cultuelle, mais qui bien évidemment ne pouvait pas recevoir de subventions publiques : une collectivité ne peut subventionner une association cultuelle de par la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat.
(3) Notre article du 24 mars 2006 :
ASNIERES SUBVENTIONNERA GENEREUSEMENT UNE TOUTE JEUNE ASSOCIATION CULTURELLE
(4) Explorer le site de la Mosquée d'Asnières est très instructif. Notamment l'article signé "D. Belayadi, président de l'Association" :
La Laïcité un soir de Décembre !
. A suivre Monsieur Belayadi, les sapins de Noel sont illégaux s'ils sont payés avec de l'argent public. Les sapins, quoique on ne peut plus païens, bafoueraient le principe de laicité...
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