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 DEMOCRATIE: AFFAIRE ELAHI… la mairie d’Asnières au four et au moulin

Aeschlimann et ElahiLe 2 octobre 2007, le tribunal de grande instance de Nanterre, étudiait la plainte pour diffamation déposée par Marion Sarraut contre Manuel Aeschlimann et Charles Caillet, respectivement député-maire UMP et premier adjoint d'Asnières sur Seine.

Cette plainte faisait suite à la distribution par la mairie d’Asnières en mars 2007 d’un tract de 4 pages diffusé à 40.000 exemplaires, titré "La Miviludes donne raison à la mairie d'Asnières ».. Ce dépliant, à en-tête de la mairie, stigmatisait la fondation Ostad Elahi et citait nommément des associations et des personnes, dont la réalisatrice Marion Sarraut, comme faisant partie de la "nébuleuse Elahi".

Le jugement est mis en délibéré au 20 Novembre 2007.

Pour éclairer cette affaire longue et compliquée, nous vous en proposons une chronologie documentée.


Tout commence en Novembre 2003…

Le 5 novembre 2003, apparaissent sur les pare-brise des automobiles et dans les boîtes à lettre de la ville d’Asnières, des tract anonymes titrés « Danger Secte ». Ces tracts dénoncent pêle-mêle l’association des habitants de la ZAC Métro, la Fondation Ostad Elahi et pointent une vingtaine de personnes, dont le Maire-Adjoint responsable de la Culture, Olivier Chazoule.

Quelques jours plus tard, le 13 Novembre 2003, une lettre de la mairie d’Asnières, distribuée à 40 000 exemplaires, reprend ces accusations et annonce que sa délégation a été retirée à Olivier Chazoule, jugé trop proche de cette fondation. Ce tract municipal fait l’objet de quatre plaintes pour diffamation.

Le 6 septembre 2005, pour ce tract, le tribunal de Grande Instance de Nanterre condamne pour diffamation, Francis Delage, adjoint au maire d’Asnières, délégué à la communication. Francis Delage fait appel.

Quelque jours plus tard, apparaît une note blanche (note anonyme) des Renseignements Généraux, estampillée « Confidentiel Défense », datée du 7 septembre 2005, soit le lendemain de la condamnation par le TGI. Dans cette note, on peut lire le même type de d’accusations contre la fondation Elahi, que celles déjà émises par… la mairie d’Asnières, et pour lesquelles, quelques heures plus tôt, l’adjoint au maire d’Asnières responsable de la communication venait d’être condamné.

Une seconde version de cette note, datée du 29 septembre 2005, elle aussi estampillée « confidentiel défense » sera produite par les RG.

Le 1er octobre 2005, le nouveau président de la MIVILUDES prend ses fonctions : Il a été nommé par décret du Président de la République en date du 29 août 2005. Monsieur Jean-Michel Roulet, préfet, était précédemment Secrétaire Général de la Commission consultative du secret de la Défense Nationale.

Courant octobre 2005, sont distribuées aux journalistes, ces deux notes blanches qui donnent lieu en particulier, à un article du ‘’Monde’’ ( 22 octobre 2005, article signé Gérard Davet) et un reportage de FR3 . Selon Europe 1, et quelques journalistes qui l’ont reçu en main propre, c’est Manuel Aeschlimann qui aurait remis à la presse un dossier bleu, comprenant ces deux notes, pourtant classées « Confidentiel Défense ». Ce que réfute vigoureusement Manuel Aeschlimann, lequel affirme qu’il les a découvertes dans le journal « Le Monde ».

Ces différents articles auront un effet ravageur. La société MAYETIC, entreprise innovante, numéro 1 français du travail collaboratif sur Internet, mise en cause, ne s’en relèvera pas. Son PDG, est asniérois, il est en outre le président de l’association ZAC Metro qui conteste la politique immobilière de … la mairie d’Asnières. MAYETIC perdra d’un coup, ses clients et ses partenaires financiers. Ses vingt trois salariés se retrouveront au chômage et plus de 4 millions d’euros d’argent public investis dans l’entreprise par la CDC partiront en fumée.

Dans le même temps, le secrétaire général de la MIVILUDES (Mission Interministérielle de vigilance contre les dérives sectaires), Gilles Bottine, déclarait que la fondation ELAHI n’entrait "pas dans le cadre des mouvements sectaires dangereux". « cette structure ne paraît pas pouvoir être classée au rang des mouvements sectaires dangereux ». « Nous n'avons pas eu connaissance, poursuit M. Bottine, d'arguments induits par la doctrine du mouvement, ou son mode de fonctionnement, considérés comme attentatoires à la liberté. »

Pourtant, le mercredi 23 octobre 2005, soit le lendemain de la parution de l’article du Monde, la MIVILUDES place la Fondation ELAHIen observation. Son nouveau président, Monsieur Roulet déclare : "La MIVILUDES n’avait pas porté d’attention particulière à la fondation ELAHI (…) jusqu’à ce que son attention soit appelée par… Manuel Aeschlimann, député-maire d’Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine), avec qui j’ai eu plusieurs contacts, et par des articles dans les médias".

Dans un article paru dans Marianne 1er Juillet 2006 , Manuel Aeschlimann admet, dans un entretien avec le journaliste, que les RG des Hauts de Seine ne partagent pas la vision développée par ces notes blanches et que celles-ci auraient pour origine les RG du Loir et Cher. Dans ce département a été érigé un mausolée renfermant le tombeau de la sœur d’Ostad Elahi… A quelque distance, Manuel Aeschlimann possède, depuis de nombreuses années, une propriété de campagne richement arborée, "Le Moulin".

Le 20 Septembre 2006, dans des conclusions transmises à la Cour d’appel de Versailles, la MIVILUDES considère qu'« en dépit de l'existence de nombreux éléments constitutifs de dérives sectaires, on ne peut pour autant déclarer que l'on est confronté à une organisation sectaire, faute de signalements de victimes clairement identifiées, de dommages aux familles ou de prosélytisme caractérisé ».

Quelques lignes plus loin, on lit : « Une seule victime s’est manifestée après de la MIVILUDES, qui n’a pas souhaité la rencontrer. La Mission a consulté les associations de défense des familles et des individus pour savoir si elles avaient recueilli d’autres plaintes, mais elles n’ont pu lui rapporter aucun autre signalement… ». Pourquoi la MIVILUDES n’a-t-elle pas «souhaité rencontrer » cette seule "victime" ? Avait-elle des raisons pour ne pas prendre en compte ce témoignage ? Conclusion : la MIVILUDES reconnaît implicitement que la seule à se plaindre des activités de la fondation ELAHI est… la mairie d’Asnières.

Autre source d’étonnement, le rapport annuel 2006 de la MIVILUDES, publié sur son site, ne fait nulle mention de la Fondation ELAHI, et ce à aucun titre, dans aucun de ses chapitres. Le texte auquel se réfère le tract diffusé par la ville d’Asnières, texte qualifié de simple note par le président du Tribunal de Grande Instance de Nanterre, ne figure nulle part sur le site de la MIVILUDES. En revanche, une version non signée, non siglée, non datée, intitulée « Rapport de la MIVILUDES » est publiée sur le site… …de la mairie d’Asnières.

Comme elle l’écrit dans son rapport, « dans le cadre de sa mission de vigilance, la Miviludes est tenue d’exercer une veille constante sur toute information susceptible de constituer une dérive sectaire et de faire courir, à ce titre, un risque d’atteinte aux libertés fondamentales et à la dignité de l’être humain. »

Le 12 décembre 2006, est publié le rapport de l’Assemblée Nationale : "L’Enfance volée : les mineurs victimes des sectes" relatif à l’influence des mouvements à caractère sectaire et aux conséquences de leurs pratiques. Dans ce texte, on ne trouve aucune mention à la Fondation ELAHI, pourtant particulièrement sous les feux médiatiques à cette époque.

En Mars 2007, escalade dans la suspicion, dans un tract distribué à tous les Asniérois, Charles Caillet, premier adjoint de Manuel Aeschlimann, donnait une interview dans laquelle il justifiait la détermination de la mairie en évoquant les « ateliers éthiques » pour des enfants de 4 à 10 ans, organisés par la fondation. Selon les avocats de Marion Sarraut cette phrase chercherait à insinuer que "l'association pourrait être un repaire de pédophiles".
Ce tract sera suivi rapidement d’un autre tract, distribué également aux Asniérois, de teneur comparable au précédent. Ces tracts sont tout deux édités par…la mairie d’Asnières,.

Fin septembre 2007, un tract non signé, contenant les mêmes allégations sera distribué, visant plus particulièrement l’association de la ZAC métro. En réaction à ces trois diffusions, l’association écrira à Jean-Michel Roulet pour l’informer et demander son aide.

Le 12 octobre 2007, Jean-Michel Roulet dans sa réponse précise que l’association ZAC Métro n’a été que « incidemment citée » dans sa note concernant la Fondation ELAHI.

Trois certitudes, après quatre années de recul, à l’issue de ce tour d’horizon, de ce qui est devenu « l’affaire ELAHI ».

1 - La Fondation ELAHI, fondation reconnue d’utilité publique, ne fait l’objet d’aucune plainte. Seul un certain Monsieur Samali, que la MIVILUDES n’a pas souhaité entendre, est régulièrement produit par la mairie d'Asnières comme témoin (mais aucune plainte n’a jamais été rapportée lors des différentes audiences).

2 - Depuis 2003, aucun témoignage de victime n’est venu nourrir le dossier à charge présenté par la mairie d’Asnières. L’importante médiatisation de l’affaire aurait dû, si des victimes existaient, les faire se manifester, ou du moins faire réagir leurs familles.

3 - La « note » de la MIVILUDES précise que les critères sur lesquels se fonde la qualification de « dérives sectaires » sont absents dans cette affaire.

Pas d’adepte, pas de victime, pas de spoliation financière, pas de séparation des familles, pas d’atteinte aux libertés. La MIVILUDES conclut logiquement que la Fondation Elahi n’est pas une secte.

Mais elle utilise le terme de « nébuleuse Elahi » à laquelle elle impute des pratiques « communautaristes » (?), sans les expliciter aucunement. Du pain béni pour la mairie d’Asnières, qui s’empresse de publier un tract nourri d’extraits habilement choisis, dissociés de leur contexte et pimentés de quelques noms de personnalités…


Les annexes ci-dessous aideront le lecteur à se forger une opinion.

Pour le site musical MONDOMIX "Ostad Elahi est un philosophe, mystique, musicien, magistrat, humaniste… Fils d'un maître spirituel, doté d'un grand charisme et d'une intégrité sans faille, il a renoncé au renoncement en s'immergeant dans la société des hommes et en utilisant la musique comme véhicule de spiritualité."

Un peu de musique mystique ne ferait pas de mal à certaines oreilles d'ânes.

asnierois.org, mercredi 14 novembre 2007

Annexes :

Communique-Municipal : 25 Septembre 2007

Courrier AZMetro à MIVILUDES : 5 Octobre 2007

Réponse MIVILUDES-à AZMetro : 12 Octobre 2007

Lettre des Impressionnistes- : Fin Octobre 2007

Article du Parisien, La réalisatrice Marion Sarraut en colère : 5 Avril 2007

Lettre ouverte de Marion Sarraut : Avril 2007

Article du Parisien sur rapport de la Miviludes : 4 Octobre 2006

Dépêche AFP, sur rapport de la Miviludes : 3 Octobre 2006

Rapport Mivilude Elahi : 20 Septembre 2006

Article Marianne Texte : 1er Juillet 2006

Article Libération, Texte : 28 Décembre 2005

Miviludes AFP mise en observation Fondation Elahi : 28 Octobre 2005

Juridoscope asniérois, affaire Elahi/Mairie d’Asnières

Reportage de FR3, Emission 19/20 : 24 octobre 2005

Article du Monde par Gérard Davet : 05 Octobre 2005

Informations disponibles sur le site Prevensecte

Une biographie d’Ostad Elahi sur le site musical Mondomix

Asnierois.org ne publiera aucun des tracts jugés diffamatoires publiés par la mairie d’Asnières
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